Programme septembre/décembre 2020

Le programme proposé rend en premier lieu hommage à trois musiciens majeurs du XXème siècle qui ont su garder à la musique tout son sens. Le premier, Krzysztof Penderecki (1933-2020) se range très rapidement parmi les compositeurs les plus influents de la musique polonaise et mondiale de l’après la Seconde Guerre mondiale. Après avoir assumé sa période de recherche qu’il qualifie « d’Iliade », il se détourne de l’avant-garde musicale à partir des années 1980 et aborde sa période dite de l’« Odyssée ». Il revendique le fait d’inscrire son œuvre dans les racines profondément chrétiennes et considère la culture méditerranéenne comme sa maison. Par sa musique, il souhaite représenter la victoire de la vie sur la mort et rétablir l’espace métaphysique qui est propre à l’homme et qui a été ruiné par les cataclysmes du XXème siècle.

Le second, Dimitri Schostakovitch (1906-1975), est issu d’une famille d’origine polonaise qui a toujours été liée à la vie politique de son époque. Après un début de carrière fulgurant, il ne tarde pas, sous le régime stalinien, à être accusé de « pluralisme » et de « formalisme ». Fier de survivre à son persécuteur, Josef Staline, à partir de 1953, le compositeur signe ses pièces DSCH (Ré, Mib, Do, Si). Devenu compositeur officiel sous l’ère Nikita Kroutchev, Schostakovitch, par sa Symphonie n° 13, dénonce la politique antisémite du régime. Tantôt encensé, tantôt mis au banc des accusés, ce grand symphoniste reste, par sa musique, un témoin privilégié de l’histoire de l’URSS du XXè siècle.

Le troisième, Mstislav Rostropovitch (1927-2007), élève du précédent, a su, comme virtuose, susciter de nombreuses créations contemporaines afin d’enrichir le répertoire du violoncelle qu’il jugeait insuffisant au regard de celui du violon. Comme musicien engagé pour les causes humanitaires, comme soutien aux opposants au régime soviétique, il se voit déchu de sa nationalité soviétique en 1978. Réhabilité par Mikhaïl Gorbatchev en 1990, il s’implique dans la vie politique de son pays auprès de Boris Eltsine et de Vladimir Poutine sans pour autant négliger sa carrière internationale de violoncelliste, chef d’orchestre et de compositeur à laquelle il met un terme en 2005.

Attention ! le 29 septembre à 14h, nous évoquerons autour d’un piano les relations qu’André Gide (1869-1951) entretenait avec l’œuvre de Frédéric Chopin (1810-1849). Pour l’écrivain la musique échappe au monde matériel et nous permet d’en échapper. Par son intimité avec l’œuvre pianistique de Chopin, le romancier français perçoit les affinités que le compositeur polonais entretient avec l’Art de la Fugue de Jean-Sébastien Bach.

Ecole de musique d’Enghien les Bains, 8 Bd Hippolyte Pinaud.

Les mardis 15 et 29 septembre, 13 octobre, 3 et 17 novembre, 1 et 15 décembre à 14h.   Salle Europe, parvis de l’Hôtel de Ville.                                                                                               Par Gérard Sutton, Historien de la musique et de la danse.                                                                                                                                   Prix du cycle : 77€.                                                                                                                                        En novembre M. Sutton nous  proposera une conférence spéciale le 17 novembre et un concert à la Philharmonie de Paris, le dimanche 22 novembre 2020 à 16h.

Programme de ce concert : Ludwig van Beethoven : Romance n°2 pour violon, triple concerto, symphonie n°3 « Eroica ». Direction Andris Nelsons avec Anne Sophie Mutter au violon, Daniel Müller-Schott au violoncelle et Daniel Trifonov au piano.

Faire la réservation avant le 10 septembre. Nous accepterons une personne non-adhérente qui souhaite vous accompagner dans la limite des places disponibles.                                                                                                                                 Prix des places du concert : 73€. Merci de régler la place de votre invité par chèque séparé.