Du théâtre élisabéthain au drame wagnérien                                                                                        

Ce nouveau cycle d’histoire de la musique commencera par l’étude de la musique anglaise au temps et dans l’œuvre de William Shakespeare (1564-1616). Par le rôle qualitatif et quantitatif que ce dernier accorde à la musique et à la danse au sein de ses ouvrages, il peut être considéré comme l’une des stations décisives sur la route de l’Opéra anglais et, plus tard, de la réforme wagnérienne. Richard Wagner (1813-1883), tout juste âgé de quatorze ans prend l’œuvre du dramaturge anglais comme modèle pour écrire ses premières pièces. Par sa carrière de chef d’orchestre, le compositeur allemand connaît parfaitement le genre du grand opéra historique français défendu par des compositeurs comme Jacques-Fromental Halevy (1799-1862) dont nous étudierons l’œuvre intitulée La Juive (1835). Mais c’est en s’inspirant de la mythologie nordique (Edda poétique scandinave et sa variante germanique Nibelungenlied) que Wagner parvient à réaliser pleinement son Gesamtkunstwerk avec Der Ring des Nibelungen (1848-1874) dont l’étude clôturera ce cycle de conférences.  

 Les mardis 17 septembre, 1 et 15 octobre, 5 et 19 novembre, 3 et 17 décembre à 14h.

 Salle Europe, parvis de l’Hôtel de Ville.

 Par Gérard Sutton, Historien de la musique et de la danse.

 Prix du cycle : 77€.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE
Autour de Léon Bloy : Solesmes et la Schola Cantorum
Le 12 juin 1912, Léon Bloy (1846-1917) affirme que l’Art est la recherche de l’Absolu. La musique doit être un lieu de dévotion nous permettant de pressentir, l’harmonie divine. Pour ce faire, elle doit avoir pour unique objet la gloire de Dieu et, comme modèle, l’humble prière en latin que les moines de Solesmes proposent : le Chant grégorien. L’écrivain entre en relation avec la principale antenne parisienne du monastère bénédictin de la Sarthe, la « Schola Cantorum ». À l’étude du chant grégorien s’ajoute alors celle des maîtres de la Renaissance et du Baroque et de toute musique religieuse moderne respectueuse des textes et des lois de la liturgie, s’inspirant des traditions grégoriennes et palestriniennes.
Francis Poulenc/Darius Milhaud ou la fête du corps retrouvé : Les Biches et Le Train bleu
À l’aube du XXème siècle, la danse connaît une révolution en provenance des Etats-Unis d’Amérique avec Isadora Duncan (1877-1927) et d’Allemagne avec Mary Wigman (1886-1973). Adeptes d’une « danse libre » , elles militent toutes deux pour une libération du corps humain et celui de la femme en particulier. Après la Première guerre mondiale, la Côte d’Azur accueille, en villégiature d’été, une aristocratie en quête d’un bonheur immédiat. La compagnie des Ballets russes de Serge Diaghilev ne tarde pas à s’emparer du sujet pour l’inscrire dans le renouveau de la danse classique avec Bronislava Nijinska. En 1924, deux ballets sur un argument de Jean Cocteau (1889-1963) incarnent cette esthétique de l’insouciance : Les Biches de Francis Poulenc (1899-1963), et Le Train bleu de Darius Milhaud (1892-1974).
Francis Poulenc/Georges Bernanos : Le Dialogue des Carmélites
En 1947, Georges Bernanos (1888-1948) rédige un scénario cinématographique, aujourd’hui considéré comme son testament spirituel : Le Dialogue des Carmélites, publié de façon posthume en 1949. Dès 1953, Francis Poulenc (1899-1963) se lance à corps perdu dans l’adaptation de l’œuvre de Bernanos. L’œuvre est représentée pour la première fois en 1957 à la Scala de Milan dans la version italienne de Flavio Testi. La version française est donnée le 21 juin de la même année à l’Opéra de Paris. La profonde évocation du martyre de Blanche permet au compositeur d’affirmer que sa religion catholique est bien celle de Bernanos.
Wanda Landowska et le renouveau du clavecin
La famille du clavecin se développe à partir du XVème siècle et se présente comme un produit de la Renaissance italienne. Assimilé à l’aristocratie, le clavecin connaît un déclin vers la seconde moitié du XVIIIème siècle au profit du piano-forte. En 1837, par ses concerts, Ignaz Moschelès sonne l’heure d’un lent et long réveil qui trouve son plein épanouissement au XXème siècle grâce à l’action militante de Wanda Landowska (1877-1959) à partir de 1900. Cette artiste polonaise, adepte du clavecin Pleyel, redécouvre le répertoire « renaissance » et « baroque » de l’instrument et l’ouvre sur une riche littérature contemporaine initiée par le Concerto pour clavecin, flûte, hautbois, clarinette, violon et violoncelle de Manuel de Falla (1923/26).
Van Gogh et la musique
Vincent Van Gogh est un formidable musicien, affirmait Antonin Arthaud. Si le peintre échoue dans sa tentative d’apprendre la musique, il fait preuve, tout au cours de sa vie, d’une très grande sensibilité musicale.
Cette conférence sera ponctuée par le mélodrame du compositeur Dominique Dupraz : Lettres de Vincent Van Gogh à son frère Théo. Cette œuvre, pour récitant et piano, nous propose une vision archétypale d’un créateur qui accepte les affres de la solitude et de l’incompréhension pour retrouver le chemin de lui-même et offrir son cœur à l’humanité.

Les mardis 22 janvier, 5 et 19 février, 12 et 26 mars, 9 et 16 avril 2019 à 14h.

Salle Europe, parvis de l’Hôtel de Ville.

Par Gérard Sutton, Historien de la musique et de la danse.


Prix du cycle 77€.

Léonard Bernstein compositeur

Ce nouveau cycle permet de rendre hommage à Léonard Bernstein (1918-1990). Si sa carrière de chef d’orchestre dévoile l’aspect extraverti de l’homme, le compositeur nous permet de découvrir sa face introvertie. Dans toutes ses œuvres, il tente d’instiller de la modernité dans les traditions et ne sépare jamais les genres. Pour lui, le compositeur est celui qui peut s’élever assez haut pour atteindre la Note qui est avec Dieu et la rapporter sur la terre, ce qui lui permet d’atteindre le « divin ».

Jean-Antoine Watteau et la musique

Jean Antoine Watteau (1684-1721) rend populaire le thème des « Fêtes galantes ». Teintées de mélancolie, les musiques française et italienne participent activement à la naissance de cet art du libertinage où le sentiment amoureux se mêle aux plaisirs du théâtre et de la danse.

Théophile Gautier et le ballet et la danse (Giselle)

Théophile Gautier (1811-1872) est, à son époque, le seul écrivain français d’importance à écrire sur la danse et pour la danse. Ses écrits journalistiques couvrent une longue période nous menant de 1836 à 1871. Il rédige six livrets parmi lesquels nous pouvons citer Giselle (1841), La Péri (1843) et Sacountala (1858). Nous y retrouvons son idéal esthétique incarné par un type de danseuse « hermaphrodite », d’une beauté à la fois païenne et chrétienne comme Carlotta Grisi. Selon lui, le ballet est « un rythme muet, une musique que l’on regarde » ; la danse, un art essentiellement païen, matérialiste et sensuel, une glorification de la femme idéalisée dans la ballerine.

Jacques Offenbach et Jules Verne

En 1877, Jacques Offenbach (1819-1880) collabore avec le romancier Jules Verne (1828-1905) pour nous offrir un opéra-bouffe intitulé Docteur OX qui dénonce les dangers du progrès scientifique.

Claude Debussy et le « pleinairisme »

Claude Debussy (1862-1918) explore tour à tour les états « impressionniste » et « symboliste ». Sa musique reflète aussi la sensibilité du mouvement du « Naturisme » initié par Saint-Georges de Bouhélier et Maurice Le Blond autour de 1895. Mais, avant tout, pour le compositeur français, la musique doit quitter la lampe triste de la table de travail pour le « pleinairisme » ; elle doit frissonner sous le grand coup d’aile du vent de la liberté et être éclairée par le soleil.

Les mardis 11 et 18 septembre, 9 et 16 octobre, 6 et 27 novembre, 11 décembre 2018 à 14h.

Salle Europe, parvis de l’Hôtel de Ville.

Par Gérard Sutton, Historien de la musique et de la danse.                                                                                                                                                                                         Prix du cycle : 77€.